Cancer du sein et reconstruction mammaire
La prise en charge chirurgicale du cancer du sein associe deux objectifs : traiter la maladie avec des marges saines, et préserver ou restaurer la forme du sein. Chaque décision est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire avec les oncologues, radiothérapeutes, radiologues et pathologistes.
La majorité de l'activité se déroule au Sénopôle de l'Hôpital Femme Mère Enfant.
Où en êtes-vous ?
5
J'ai un résultat de mammographie anormal
1
Une anomalie a été détectée, des examens complémentaires sont en cours ou une biopsie est programmée.
Ma biopsie confirme un cancer du sein, je dois être opérée
2
Le diagnostic est posé. Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) va définir le traitement, dont le type de chirurgie et les options de reconstruction.
Je souhaite un second avis avant de décider
3
Une proposition chirurgicale vous a été faite et vous souhaitez la discuter avec un autre chirurgien avant de vous engager. C'est une démarche légitime et encouragée.
Je suis déjà prise en charge et je cherche une autre équipe
4
J'ai déjà été opérée, reconstruction différée ou correction de séquelles
Vous souhaitez changer d'établissement ou de chirurgien pour votre opération, ou vous avez besoin d'une expertise spécifique en reconstruction.
Reconstruction après mastectomie ancienne, correction d'une déformation après chirurgie conservatrice, séquelles de radiothérapie.
Chirurgie, oncoplastie, reconstruction immédiate et différée
-
La prise en charge chirurgicale du cancer du sein associe deux objectifs :
traiter la maladie avec des marges saines,
et préserver ou restaurer la forme du sein.
Chaque décision est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire avec les oncologues, radiothérapeutes, radiologues et pathologistes. Toute l'activité se déroule au Sénopôle de l'Hôpital Femme Mère Enfant.
-
Lorsque la taille de la tumeur le permet, un traitement conservateur est proposé : seule la tumeur est retirée avec une marge de tissu sain, et le sein est conservé. Une radiothérapie complète habituellement ce traitement. Lorsque la conservation n'est pas possible, une mastectomie est réalisée. L'exploration des ganglions de l'aisselle, le plus souvent par la technique du ganglion sentinelle, est associée selon les cas.
-
L'oncoplastie combine l'exérèse de la tumeur et les techniques de chirurgie plastique dans le même temps opératoire. Le sein est remodelé après le retrait de la tumeur, ce qui permet d'enlever un volume plus important tout en conservant une forme harmonieuse. Cela évite parfois une mastectomie. Selon la situation, une intervention sur l'autre sein est proposée pour retrouver la symétrie, dans le même temps ou plus tard.
-
La reconstruction est réalisée au cours de la même intervention que la mastectomie. L'enveloppe de peau et, lorsque c'est possible, la plaque aréolo-mamelonnaire sont conservées, ce qui donne en général un résultat plus naturel. Le sein peut être reconstruit par une prothèse, ou par les propres tissus de la patiente : lambeau DIEP prélevé sur l'abdomen, lambeau PAP ou TMG prélevé sur la face interne de la cuisse, ou lambeaux dorsaux. Le choix dépend de la morphologie, des antécédents et des souhaits de la patiente. L'objectif est de ne pas retarder les traitements complémentaires. La possibilité d'une radiothérapie après l'intervention est prise en compte dès le départ, car elle influence le choix de la technique.
-
La reconstruction peut aussi être réalisée à distance, une fois les traitements terminés, en général trois à six mois après la fin de la radiothérapie. Elle fait le plus souvent appel aux propres tissus de la patiente : lambeau DIEP (abdomen), lambeau PAP ou TMG (face interne de cuisse) ou lambeau de grand dorsal (dos). Une reconstruction par prothèse reste possible lorsque la peau n'a pas été irradiée.
-
Chez les femmes porteuses d'une mutation génétique à haut risque, comme BRCA1 ou BRCA2, une mastectomie préventive avec reconstruction immédiate peut être proposée.
-
La reconstruction se termine en général par un ou deux temps complémentaires, plus légers : reconstruction de l'aréole et du mamelon, tatouage, symétrisation de l'autre sein, retouches par injection de graisse (lipomodelage).
-
Une reconstruction par prothèse peut se compliquer d'une infection ou d'une exposition de l'implant à travers la peau, parfois pendant les traitements. Dans ces situations, une prise en charge rapide permet souvent de retirer la prothèse et de la remplacer dans le même temps par un lambeau, c'est-à-dire par les propres tissus de la patiente. On évite ainsi de laisser la poitrine sans reconstruction pendant plusieurs mois.
À distance, certaines reconstructions ne donnent pas satisfaction : coque rétractile, séquelles de radiothérapie, asymétrie, douleurs ou simple souhait de ne plus avoir d'implant. Une conversion vers une reconstruction par lambeau, ou une reprise de la reconstruction existante, peut alors être proposée, y compris lorsque la première intervention a été réalisée dans une autre équipe.
Foire aux questions
-
Une consultation peut être prise directement, sans ordonnance ni lettre d'adressage préalable. Dans la majorité des cas cependant, les patientes sont adressées par leur gynécologue, leur oncologue ou leur médecin généraliste…
Un adressage facilite la transmission des documents médicaux utiles à la consultation. -
Oui, et c'est même recommandé. Une consultation préopératoire de chirurgie plastique avant la chirurgie du cancer permet de planifier la reconstruction dans le même temps que la mastectomie lorsque c'est possible, d'éviter une seconde intervention, et d'obtenir le meilleur résultat esthétique. Cette consultation peut être demandée dès l'annonce du diagnostic, en parallèle des autres étapes du parcours.
-
Oui. La reconstruction mammaire après cancer du sein est intégralement prise en charge par l'Assurance maladie, qu'elle soit immédiate ou différée, par prothèse ou par lambeau autologue. Il n'y a pas de reste à charge pour la patiente dans le cadre d'un exercice public aux Hospices Civils de Lyon.
-
Dans de nombreuses cas, oui. Le traitement conservateur — tumorectomie associée à une radiothérapie — est la référence pour les tumeurs qui s'y prêtent. L'approche oncoplastique permet d'étendre les indications du traitement conservateur en intégrant des techniques de remodelage du sein dès le geste d'exérèse, pour limiter les séquelles esthétiques. La décision dépend des caractéristiques de la tumeur, de la taille du sein et des préférences de la patiente, et est discutée en RCP.
-
Il n'y a pas de délai maximum. La reconstruction peut être réalisée dans le même temps que la mastectomie (reconstruction immédiate) ou à distance, plusieurs mois ou plusieurs années après — y compris de nombreuses années après la fin des traitements. La reconstruction différée est parfois préférable lorsqu'une radiothérapie post-mastectomie est prévue. Le moment le plus adapté est discuté en consultation en fonction de la situation de chaque patiente.
-
Non, mais elle en modifie les conditions. La radiothérapie altère la qualité des tissus irradiés et augmente le risque de complications sur les reconstructions par prothèse. Lorsqu'une irradiation est prévue ou a déjà eu lieu, une reconstruction par tissu autologue est souvent préférable car elle tolère mieux les effets de la radiothérapie. Chaque situation est évaluée individuellement.
-
C'est une approche qui consiste à planifier ensemble, dès la première consultation, le retrait de la tumeur et la reconstruction du sein. Elle mobilise des techniques de chirurgie plastique pour remodeler le sein au moment même de l'exérèse tumorale, en limitant les séquelles esthétiques et en réduisant le nombre total d'interventions. Elle suppose une double compétence en chirurgie sénologique et en chirurgie plastique.

