Microchirurgie et reconstruction
Une chirurgie qui rétablit la continuité
La microchirurgie est une discipline du geste précis, pratiquée sous microscope opératoire, qui permet de connecter des vaisseaux et des nerfs de moins d'un millimètre de diamètre. Cette technique a transformé la chirurgie reconstructrice : elle rend possible le transfert de tissus vivants d'une région du corps à une autre, ainsi que la restauration de circulations défaillantes — vasculaires, lymphatiques ou nerveuses.
Ce qu'elle rend possible
Là où la chirurgie classique s'arrête souvent — pertes de substance trop importantes, tissus irradiés, vaisseaux endommagés, lymphœdèmes installés —, la microchirurgie offre une réponse. Elle ne se limite pas à combler un défaut : elle apporte du tissu vascularisé, donc vivant, capable de cicatriser, de tolérer une radiothérapie complémentaire, de retrouver une fonction.
Trois apports principaux :
Reconstruire avec du tissu choisi. Le chirurgien prélève à distance le tissu le mieux adapté à la zone à reconstruire — peau et graisse pour le sein, peau fine et souple pour le visage, lambeau musculaire pour combler une cavité profonde, segment osseux vascularisé pour reconstruire une mandibule. Ce tissu est ensuite reconnecté par anastomoses microchirurgicales aux vaisseaux receveurs, ce qui le maintient vivant et fonctionnel.
Rétablir une circulation. Les techniques d'anastomoses lymphatico-veineuses et de transferts ganglionnaires permettent aujourd'hui de traiter le lymphœdème — notamment du membre supérieur après curage axillaire pour cancer du sein —, longtemps considéré comme une fatalité.
Restaurer une fonction. Au-delà du volume et de la forme, certains transferts microchirurgicaux permettent de récupérer une fonction : transfert nerveux, transfert musculaire fonctionnel, reconstruction d'un appareil masticateur ou de la continuité d'un membre.
Une discipline mature
La microchirurgie reconstructrice n'est pas une innovation récente. Elle est l'aboutissement d'un long travail — celui des anatomistes du XIXᵉ siècle qui ont cartographié la vascularisation cutanée, des chirurgiens des deux guerres mondiales qui ont posé les bases de la chirurgie reconstructrice moderne, et des pionniers des années 1970 qui ont réalisé les premiers transferts de tissus libres sous microscope.
Les techniques d'aujourd'hui — DIEP, lambeaux perforants, anastomoses lymphatico-veineuses — sont issues de cette filiation. Elles ont atteint un niveau de fiabilité élevé, avec des taux de succès très élevé dans les centres expérimentés, et un répertoire de techniques permettant d'adapter le choix à chaque situation.
Domaines d'intervention