Augmentation mammaire par prothèses
L'augmentation mammaire par prothèses est l'une des interventions les plus pratiquées en chirurgie plastique esthétique. Elle permet d'augmenter le volume des seins, d'en améliorer la forme ou de corriger une asymétrie, dans le respect des proportions naturelles.
Indications
Plusieurs situations peuvent conduire à envisager une augmentation mammaire :
volume mammaire constitutionnellement peu développé
perte de volume après grossesse, allaitement ou amaigrissement
asymétrie de volume entre les deux seins
recherche d'un équilibre plus harmonieux de la silhouette
L'objectif est d'obtenir un résultat naturel et proportionné à votre morphologie. Une augmentation réussie ne se voit pas comme telle — elle s'intègre.
Les prothèses
Les prothèses mammaires modernes sont constituées d'une enveloppe en silicone contenant un gel cohésif, qui leur confère stabilité et sécurité. Deux formes principales sont disponibles :
Prothèses rondes : galbe homogène, décolleté plus marqué
Prothèses anatomiques (en goutte d'eau) : projection inférieure plus importante, résultat souvent plus naturel chez les patientes au tissu mammaire fin ou à la poitrine peu remplie
Le choix entre prothèses rondes et anatomiques dépend de votre anatomie, de la qualité des tissus et du résultat souhaité.
Position de la prothèse
La prothèse peut être positionnée selon trois modalités :
Pré-pectorale (devant le muscle) — adaptée aux patientes ayant un tissu mammaire suffisant pour couvrir la prothèse
Rétro-pectorale (derrière le muscle pectoral) — recommandée chez les patientes minces ou au tissu peu épais, pour une meilleure couverture supérieure
Dual plane (technique mixte) — la prothèse est partiellement couverte par le muscle, combinant les avantages des deux positions précédentes
Le choix du positionnement est défini en consultation, en fonction de votre anatomie et du projet esthétique.
La consultation
La consultation est l'étape déterminante. Elle permet d'examiner votre morphologie, de comprendre vos attentes, et de choisir ensemble la technique adaptée.
Plusieurs éléments sont analysés :
volume et forme actuels des seins
élasticité et qualité de la peau
asymétries éventuelles
distance et position des plis sous-mammaires
projet de vie (sport, grossesse future, allaitement)
Conformément au cadre légal de la chirurgie esthétique, un délai de réflexion de quinze jours est respecté entre la première consultation et l'intervention. Une seconde consultation permet de finaliser le choix de la prothèse, de répondre aux questions qui ont émergé, et de signer le consentement éclairé. Un devis détaillé vous est remis à l'issue de la première consultation.
Déroulement de l'intervention
L'augmentation mammaire est réalisée sous anesthésie générale, le plus souvent en ambulatoire.
Durée : environ une heure
Incision : le plus souvent dans le sillon sous-mammaire (cicatrice dissimulée), parfois péri-aréolaire ou axillaire selon les indications
Hospitalisation : ambulatoire ou une nuit selon les cas
Les suites opératoires
Les suites sont en général simples mais demandent quelques précautions :
douleurs modérées les premiers jours, contrôlées par antalgiques
œdème et ecchymoses transitoires
port d'un soutien-gorge de maintien pendant quatre à six semaines
reprise des activités légères en quelques jours
reprise du sport progressive, à partir de quatre à six semaines
Le résultat se stabilise progressivement sur trois à six mois, le temps que les tissus se réorganisent autour de la prothèse.
Limites et points importants
Une augmentation par prothèses ne corrige pas une ptose mammaire (sein tombant). Lorsqu'une ptose est associée, une mastopexie (lifting du sein) peut être proposée dans le même temps opératoire ou en deux temps.
Les prothèses ne sont pas définitives. Leur durée de vie moyenne est estimée à dix à quinze ans. Un changement de prothèse peut être nécessaire au cours de la vie, en raison d'une usure de l'enveloppe, d'une modification de l'aspect des seins, ou pour des raisons réglementaires de surveillance.
Le choix du volume est un équilibre : un volume excessif, mal proportionné à la morphologie, conduit à un résultat artificiel et accélère l'usure des tissus. Les volumes modérés donnent les résultats les plus naturels et les plus durables.
Risques et complications
Comme toute intervention chirurgicale, l'augmentation mammaire comporte des risques. Ces risques sont aujourd'hui bien identifiés et peu fréquents avec les prothèses modernes, mais doivent être connus avant la décision.
Complications précoces : hématome, infection, retard de cicatrisation.
Complications spécifiques aux prothèses : formation d'une coque (capsule fibreuse rétractile autour de la prothèse), déplacement ou rotation, visibilité ou palpation de la prothèse (notamment chez les patientes minces), rupture de l'enveloppe (rare avec les prothèses modernes).
Autres : asymétrie résiduelle, modification de la sensibilité du mamelon, nécessité d'une reprise chirurgicale.
Une information détaillée est délivrée en consultation et reprise dans le consentement écrit.
Augmentation mammaire et grossesse
L'augmentation mammaire ne contre-indique pas une grossesse ultérieure. L'allaitement reste possible dans la grande majorité des cas, en particulier lorsque l'incision est sous-mammaire. Une grossesse peut en revanche modifier l'aspect des seins et du résultat esthétique.
Suivi
Un suivi régulier est recommandé après une augmentation mammaire — à un an, puis tous les deux à trois ans en l'absence d'anomalie. Une imagerie (échographie ou IRM) peut être proposée à intervalles réguliers pour surveiller l'intégrité des prothèses, en complément de l'examen clinique.
Prise en charge
L'augmentation mammaire à visée esthétique n'est pas prise en charge par l'Assurance Maladie ni par les mutuelles. Les honoraires sont intégralement à la charge de la patiente, et un devis détaillé est remis à l'issue de la consultation.
Certaines situations particulières — agénésie mammaire, asymétrie majeure — peuvent faire l'objet d'une demande d'entente préalable auprès de l'Assurance Maladie, étudiée au cas par cas.